Film-débat sur les disparitions forcées du peuple Sahraoui

Samedi 17 octobre 2026 à 14h15 à la Maison des Sens de Chanu, projection du film documentaire "Dis-leur que j'existe", suivi d'un débat avec l'épouse de Naama Asfari (détenu depuis 16 ans au Maroc) et qui a entamé une grève de la faim depuis deux semaines. Organisé par l'ACAT du Bocage.

Historique et raisons du soutien

« Dis-leur que j’existe » revient sur l’histoire de Naâma Asfari, militant des droits de l’homme torturé et  condamné à 30 ans de prison au Maroc pour avoir défendu la cause sahraouie. Le film suit à la fois  les pas de Claude Mangin, l’épouse de Naâma, à travers sa quête éperdue de justice pour son mari entre la France et le Maroc, et les mots de Naâma Asfari depuis sa prison marocaine, vacillant entre obstination et espoir.
L’ACAT, qui soutient Naâma Asfari dans son combat pacifique pour les droits des sahraouis depuis 10 ans, témoigne dans le film de son action pour faire libérer Naâma. L’association est intervenue à de nombreuses reprises à chacune de ses arrestations et passages à tabac par les forces de sécurité entre 2008 et 2010. Depuis sa dernière arrestation, le 7 novembre 2010, l’ACAT assiste juridiquement Naâma dans ses démarches pour obtenir justice.

Le cas Naâma Asfari : un parcours du combattant

Le 7 novembre 2010, Naâma Asfari est arrêté. Passé à tabac, il est emmené de force par des policiers marocains en civil. Où ça ? Pendant plusieurs jours, ses proches n’en sauront rien. Un mois plus tôt, Naâma avait participé avec 20 000 personnes à la construction d’un camp de protestation à Gdeim Izik, dans les territoires occupés au sud du Maroc, pour dénoncer les discriminations contre les Sahraouis. Le lendemain de son arrestation, le camp est démantelé avec violence. 9 soldats marocains y trouvent la mort. S’ensuit une vague de répression violente à l’encontre de nombreux civils sahraouis.
Cela fait maintenant plus de trois ans que Naâma a été condamné en tant qu’organisateur des affrontements dans le camp, alors même qu’il avait été arrêté la veille du démantèlement. Torturé, battu, humilié, privé d’eau et de nourriture pendant sa garde à vue en 2010, il avait signé des aveux sous la torture. Ces aveux sont les seuls fondements de sa condamnation dictée par un tribunal militaire : 30 ans de prison.

La lutte pour la justice

Le 20 février 2014, l’ACAT a déposé deux plaintes pour torture en son nom. La première, contre le Maroc, a été déposée devant le Comité contre la torture des Nations unies auquel l’ACAT et Naâma reprochent notamment de n’avoir pas enquêté sur les allégations de torture, et d’avoir pris en compte les aveux signés par la victime sous la contrainte pour le condamner.
L’autre plainte est une plainte pénale déposée en France contre les tortionnaires présumés de Naâma Asfari, au nom de ce dernier, mais aussi de son épouse française, Claude Mangin, et de l’ACAT. Ces deux procédures sont toujours en cours.
Par ailleurs, le 27 juillet 2016, la Cour de cassation de Rabat a invalidé la condamnation de Naâma et de ses coaccusés de l’affaire de Gdeim Izik, au motif que les civils ne peuvent plus être jugés devant la justice militaire. Ils seront prochainement rejugés par une cour d’appel civile.
Aux côtés de Naâma, 23 autres militants sahraouis ont été arrêtés en lien avec le démantèlement du camp de Gdeim Izik, et jugés par le tribunal militaire. A l’exception d’un accusé arrêté deux ans plus tard, tous ont allégué avoir été torturés. Naâma et ses coaccusés ont été condamnés le 16 février 2013 à de lourdes peines d’emprisonnement pour association de malfaiteurs, outrage et violences à fonctionnaires publics et homicides volontaires. Ils sont notamment accusés d’être responsables de la mort de neuf agents de sécurité marocains au cours du démantèlement du camp. Seuls deux d’entre eux ont été condamnés à 2 ans d’emprisonnement et sont donc aujourd’hui libre.
Ce verdict a été prononcé à l’issue de neuf jours de procès inéquitable marqué notamment par la prise en compte des aveux arrachés sous la torture. Aucune preuve n’a été présentée prouvant l’implication des accusés dans le meurtre des agents de sécurité. En revanche, il est clairement ressorti des débats que les poursuites à l’encontre des 24 accusés étaient motivées par leur engagement en faveur de l’indépendance du Sahara occidental, ce qui fait d’eux des prisonniers d’opinion.

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